Reportage réalisé par le Président Pierre Blasini sur les planches d’Eole, à Tenerife !

Voici un petit compte rendu de la semaine d’entrainement slalom que j’ai effectuée sur le « spot » d’El Médano, à Tenerife, l’une des sept îles Canaries.    

Cet endroit est prisé par la plupart des coureurs de la PWA (Professionnal Windsurfing Association) qui viennent y régler leur matériel et s’entraîner pendant plusieurs semaines en hiver avant la reprise de la coupe du monde de slalom, l’une des trois disciplines du windsurf au mois de mai. En effet, à cette période, les températures sont idéales (20 à 28 degrés pour l’air et 18 à 20 degrés pour l’eau) et surtout, les statistiques de vent sont particulièrement généreuses avec un régime de Nord-Est oscillant entre 20 et 30 nœuds. 

Le voyage depuis Bastia ressemble à une véritable expédition puisqu’il faut choisir le matériel à emporter en fonction des prévisions météo (par cette fois-ci, deux flotteurs, quatre voiles, quatre mâts, trois wishbones et une dizaine d’ailerons, soit environ 60 kg) puis emballer le tout soigneusement pour un voyage en plusieurs temps :
- Tout d’abord le bateau jusqu’à Marseille ;
- Puis, après avoir rejoint un ami de voyage à Aix pour un covoiturage, la route jusqu’à Lyon, seul aéroport proposant un vol direct ;
- et enfin l’avion direct jusqu’à l’aéroport de Tenerife Sud situé à 10mn d’El Médano.
Une fois là-bas, c’est l’arrivée dans un autre monde ; le site, tout d’abord : un petit village situé dans un paysage volcanique, et l’ambiance ensuite, une majorité de windsurfeurs dont l’élite mondiale du slalom (Français, Italiens, Danois, Néerlandais, Australiens,…) que l’on côtoie, avec des rapports humains simples, entre sportifs.
On échange ses impressions, demande des conseils sur les réglages très délicats de ces machines de course, sur lesquels la voile choisie, la tension des lattes lui donnant sa forme, la taille de l’aileron utilisé, la position du mât sur le flotteur et bien d’autres points encore plus techniques peuvent, à quelques millimètres prés, rendre l’ensemble très performant ou totalement incontrôlable.
Au programme donc, compte tenu des vent soutenus prévus, découverte et réglage des flotteurs de vent fort à médium fort récupérés récemment chez mon partenaire CHINOOK LEUCATE.  

Un grand MERCI à Arnaud, le patron du shop, qui m’a fait confiance pour mener à bien mes projets sportifs, ainsi qu’à STARBOARD, la marque de mes planches.

Une fois l’appréhension due au niveau incroyable des windsurfers pro passée, c’est la découverte du plan d’eau, difficile, avec un clapot serré et haut et un vent variant en force et en direction de manière étonnante.

La remise en route est difficile après quatre mois d’interruption à cause à une épaule douloureuse après une mauvaise chute, mais les automatismes reviennent rapidement.
Les temps passés sur l’eau s’allongent, le niveau remonte et au bout de deux jours je peux enfin approcher la zone rouge, poussant le matériel et surtout le pilote à la limite afin de rechercher la performance.
C’est bien ce qui est le plus difficile dans ce sport : atteindre la zone où l’on pense ne plus pouvoir rien contrôler et aller au crash, se familiariser avec cette vitesse, puis aller sans cesse chercher plus loin.
Les journées de navigation s’enchaînent, avec un vent plus fort que prévu, offrant des séances d’entrainement intenses et des pauses permettant de découvrir une île riche en paysages variés, allant d’un paysage désertique issu des coulées de lave à des forêts de pins faisant penser à BAVELLA,

en passant par des zones tropicales couvertes de champs de bananiers, ou autres cultures sous serres,

avec la présence majestueuse du TEIDE, le volcan dominant l’île de ses pentes enneigées culminant à plus de 3700 mètres.

Les gens sont accueillants et contents de faire partager leur culture, discutant volontiers comme si les visiteurs étaient rares alors que les avions enchaînent les décollages et les atterrissages du petit matin au milieu de la nuit sur les deux aéroports de ce petit caillou.
La deuxième partie du séjour est très enrichissante du point de vue sportif, le rythme est intense et le corps s’y est fait, à plusieurs, la progression est rapide, les réglages partagés font gagner du temps, les longs bords passés à essayer d’aller plus vite que ses coéquipiers sont intenses et chacun à son tour, nous allons à la faute !
Les chutes sont violentes, se traduisant par généralement par une perte de contrôle du flotteur, qui s’arrête net en se plantant dans l’eau et envoyant le pilote heurter la mer, ou pire, le gréement, comme propulsé par une fronde, à près de 60 km/h !
Pour ma part, la plus grosse chute à eu lieu la dernière journée, par chance, car la violence du choc de ma cage thoracique sur le whishbone en carbone ma laissé groggy, le souffle coupé, une forte douleur m’empêchant ensuite de respirer à fond et de faire des efforts soutenus.
Heureusement, c’était l’heure de refaire les sacs, ranger le matériel, le protéger contre le peu de soin des manutentionnaires, et prendre le chemin du retour.

Le bilan de cette première a été très positif, sur tous les plans, sportif et humain, et notre petite équipe à dores et déjà donné rendez-vous à Tenerife et El Médano l’année prochaine !